On ouvre son téléphone le matin du 10 Mouharram et on cherche : quelle est la « vraie » formule pour souhaiter Achoura ? Comme s'il existait une phrase consacrée, gravée quelque part, qu'on aurait oubliée. La vérité est plus simple et plus exigeante à la fois : Achoura n'est pas une fête de cartes de vœux. C'est un jour qui se vit avant de se dire — et c'est précisément pour cela que le mot juste, quand il vient, sonne juste.

Comment souhaiter une bonne fête d'Achoura ?

Disons-le d'emblée : il n'existe pas de formule officielle, codifiée, qu'il faudrait prononcer pour « bien faire ». Achoura n'a pas son « bonne année » ou son « joyeux anniversaire ». Et c'est une bonne nouvelle, parce que cela vous libère de l'angoisse du bon protocole. Un vœu sincère, dans votre langue, vaut infiniment mieux qu'une formule arabe récitée sans la comprendre.

Vous pouvez tout simplement dire : « Qu'Allah t'accorde un mois béni », ou « Que ce jour d'Achoura te soit en bien ». Si vous tenez à une tournure arabe, صيام مقبول (siyâm maqbûl, « que ton jeûne soit accepté ») est sobre et adapté, puisque le cœur du jour est le jeûne. L'essentiel n'est pas la langue du vœu, c'est l'intention qui le porte. On ne souhaite pas Achoura comme on coche une case sociale ; on tend la main à quelqu'un pour partager un jour qui compte. C'est d'ailleurs pour cela que la recherche de la « bonne phrase » est souvent un faux problème : elle déplace l'attention du jour vers le message, alors que c'est l'inverse qui devrait se produire. Le message n'est que la trace d'un jour qu'on a décidé d'honorer.